Catégorie: Madame nostalgie
Pierre Desproges est mort d'un cancer sans l'assistance du professeur Schwartzenberg.
Etonnant non?
Ca fait 20 ans aujourd'hui qu'il n'est plus là.
20 ans que son humour comme la perspicacité d'un Coluche n'ont pas pris une ride.
Desproges reste pour moi une porte ouverte sur plein d'univers et d'auteurs pour peu qu'on prenne le temps d'écouter. L'intelligence au service de l'humour.
Un farouche individualiste, et un de mes guides.
Ce billet ne pèse pas bien lourd mais il a le mérite d'exister.
Pour conclure par une belle formule classique de politesse comme il eut dit sur Dieu:
Veuillez croire, moi pas.
Ce matin dans ma voiture j'écoutais Bechet plein pot et bien entendu en commençant par Petite Fleur.
Comme j'ai toujours des paroles qui me viennent en tête en écoutant Sidney je repensais à Henri Salvador et la version qu'il chantait:
Si les fleurs
Qui bordent les chemins
Se fanaient toutes demain
Je garderais au cœurCelle qui
S'allumait dans tes yeux
Lorsque je t'aimais tant
Au pays merveilleux
De nos seize printemps
Petite fleur d'amour
Tu fleuriras toujours
Pour moiQuand la vie
Par moment me trahit
Tu restes mon bonheur
Petite fleurSur mes vingt ans
Je m'arrête un moment
Pour respirer
Ce parfum que j'ai tant aiméDans mon cœur
Tu fleuriras toujours
Au grand jardin d'amour
Petite fleur...Dans mon cœur
Tu fleuriras toujours
Au grand jardin d'amour
Petite fleur...
Je m'étais dis que je lui écrirais bien pour lui demander son avis sur le fait de mettre des mots sur des interprétations de Bechet.
Pour le coup c'est râpé, il a cassé sa pipe. Et le loup, la biche et le chevalier de mon enfance vont avoir un autre goût quand je vais fredonner la chanson douce.
On est à moins d'une semaine de noël...
Je me souviens petit (encore plus que maintenant) de la fièvre qui montait à l'approche du père noël. Des explorations de la maison pour dénicher la planque des multiples cadeaux pour mes frères comme moi. De tout ce que j'imaginais que j'allais pouvoir faire ou construire avec tous ces objets de convoitise. La maison qui allait se transformer en vaste salle de jeu pour les jours à venir.
Des repas avec ma grand-mère le lendemain, jour de son anniversaire, des chocolats chez mon autre grand-mère.
Je me rappelle de l'impossibilité de trouver le sommeil. J'aurais toujours voulu à ce moment avoir une montre pour accélérer le temps: chez nous les cadeaux c'était le matin au réveil, peu importe notre âge. Du coup mes frères étaient ravis de voir que je les réveillais à cinq heure et demi ou six heure du matin pour débouler dans le salon.
Et avant tout cela, les ballades de supermarché au royaume des jouets, dans les rayons remplis de légos, big jim, playmobil et g.i. joe... Je me rappelle de ce porte avion géant et de mes robots transformables, de ma folie des grandeurs dans la mise en place de tous les légos pour faire des mise en scène digne d'holywood (au moins ça), ou des circuits tcr qui dépassaient jusque dans la salle à manger sous les chaises...
Chaleur et humidité, un retour vers des sources inconnues ou que sais-je...
Le fait est, la pluie torrentielle, la chaleur de l'été, la terre mouillée, j'adore, j'ai déjà dû l'écrire plus d'une fois.
Avant mon arrêt, je me souviens, au sous-sol de l'entreprise, de l'eau coulant sur les dalles de pierre inclinées et recouvertes de mousse.
Samedi en Inde dans Fourchette et Sac à Dos, Julie Andrieu s'émerveillait de ces petites fougères qui se rétractent au touché. Je me souviens d'elles à Bali dans le plus grand temple de l'île, au lendemain d'une fête immense, marchant pieds découverts dans les chemins et les herbes humides.
Je me souviens des gouttelettes s'agrippant à mes bras, mon cou, mon visage à peine avais-je senti l'air seychellois en descendant la passerelle de l'appareil. On se posait à flanc d'océan, une aile quasiment dans l'eau, et la première chose que l'on voyait c'était cette montagne, ce morne seychellois vert surtout, et marron et gris, légèrement brumeux et parfaitement surréaliste.
Je me souviens des moments où coincé sous la pluie, j'étais trempé, mais à l'aise tout de même car au chaud et je ne pense pas être dérangé par cette humidité. L'eau qui courre jusqu'à l'océan le long des marches, le temple, le sable noir sur mes pieds qui en ont gardé la trace plusieurs semaines malgré mes efforts répétés.
Je me rappelle très bien qu'il suffisait de cinq minutes, pas une de plus, de soleil pour être parfaitement sec. Tellement sec que, même si je ne savais même pas barboter, je me jetais à l'eau (à peine moins chaude) pour endurer les 35° du soleil vertical.
Ces sensations j'espère les retrouver là-bas, avec les sourires, la paix et tranquillité (rien que ça).
Et plus encore, j'ai des traces à remonter et des marques à laisser. Vivement le 27 septembre. Pour l'heure il n'y a qu'une chose que je redoute, mais je ne serai fixé qu'en revenant.
David sur son blog, en bas de page:
A 30 ans, on s'engage ou on s'amuse : choisis ton camp, l'ami...
bon bah on y est nous aussi...
Voila, zappons Benabar, c'est surfait, préférons Maxime...
Je ne sais pas pourquoi, je me suis souvenu dans la voiture ce matin de ma première réaction musicale épidermique négative.
Joe le Taxi, c'était pas possible, ça ne passait pas.
Plus je l'entendais à la radio, et plus je voulais casser le poste.
Et maintenant elle est mariée à Johnny Depp (quel beau nom de famille), alors ça va.
Il n'empêche, je comprends mieux pourquoi je n'écoute plus la radio. Au moins maintenant je choisis mon propre matraquage.
Jean-Claude Brialy aimait le Lilas.
Jean-Claude Brialy était décent.
Jean-claude Brilay est donc mort au printemps.
Bon et bien c'est réservé...
Départ jeudi 27 septembre au soir...
Retour à Paris le 23 octobre en début d'après-midi.
Soit 25 jours, 1 heure et 10 minutes passés sur la terre d'une partie de mes ancêtres.
Raymond aimait Georges. Raymond est parti. J'aime Raymond, j'aime Georges, et quand Raymond rend hommage à Georges, ça donne ceci, et ça me rappelle le spectacle La lune écoute aux portes que j'ai vu le week end dernier avec ma belle et qui commençait par ce morceau:
Ca fait toujours chaud au coeur...