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L'avion se pose
La nuit est là et notre avion approche de la piste, on survole la ville immense. Un peu plus loin à travers le hublot, quelques buildings de ce que je sais être le centre ville d'Ho Chi Minh Ville.
Le sol marbré du nouvel aéroport reflète nos silhouettes alors que nous marchons, passeport à la main vers l'alignement des policiers en charge du contrôle. Les sourires se font rares, le temps de prendre les bagages et voila les portes automatiques qui s'ouvrent sur la foule qui attend famille, proche, collègue. Et Huy me fait signe, le temps de se saluer, de faire les présentation avec Astrig et on est déjà dans un taxi.
On discute comme si de rien n'était, comme si la semaine précédente encore, nous mangions encore des sushis ou des grillades derrière chez lui sur les champs-élysées. Plus de quatre ans déjà.
Trente années, et voici le Viet Nam. Nombre de taxis partout et surtout déjà à tout endroit, des scooters, motos, vélos et autres choses plus improbables. On est vendredi soir, des couples vont vers leur soirée, ils nous sourient par la fenêtre.
Arrivé chez Huy, l'entrée de l'immeuble passent par le garage et le rez-de-chaussée où, tapis à même le sol, des vietnamiens nous saluent en regardant la télévision tout en rigolant.
Le temps de nous poser, de sortir vin qui pique et fromage qui pue, on ressort prendre un hôtel pour la nuit, et la pluie est déjà là.
Nous sommes tout près du marché Ben Thanh, demain on trouvera un endroit bien pour rester quelques jours à Saigon.
Les premières traversées de rue se font sans encombre, avec une simplicité désarmante, on marche, les motos nous évitent. Pourtant on voit bien pourquoi des touristes sont effrayés. Chaos organisé est sans doute la meilleur définition du code de la route viet.
Très vite nous sommes dans le quartier routard où la proportion d'occidentaux est délirante (environ 1 pour 50 vietnamien). Les adresses du guide sont nulles et on se fie à notre instinct, en refusant avec le sourire les propositions des Xe Om (moto-taxi), Cyclo, rabatteur d'hôtels proposants leurs services.
J'aperçois une impasse (ou une ruelle), Guest House est indiqué, on essaie. Trois se suivent, on avance, une jeune fille nous interpelle de son comptoir: "please come and see my guest house". Elle est aimable, on y restera cinq jours.
Assis pour le petit déjeuner, le patron (son nom est Thinh) nous rejoins pour parler:
- do you speak vietnamese?
- a little (very little)
Il est aimable, comme toute sa famille qui travaille ici. Trois jours après il nous invitait au restaurant, nous ferons trois séjours dans l'hôtel, dont un juste avant de repartir pour la France. Le ton étant donné, le séjour pouvait débuter.
Toute planification des journées sera un échec: les rencontres et nos pas nous ferons toujours dévier des routes escomptées.
Le mélange d'urgence, de simplicité, de douceur de vivre et de personnes philosophes à l'égard de la vie nous atteint.
Pour un parisien ça veut dire beaucoup, quand on passe son temps à se plaindre des grèves SNCF et RATP.
Nos papilles commencent à s'émerveiller par l'harmonie des goûts dans chaque chose que l'on mange.
Je crois qu'à ce moment là, en effet, l'avion s'était posé.