Archives pour: Octobre 2007
Le plaisir d'être au Viet Nam, les lieux qui nous charment, le mode de vie, la nourriture, les personnes?
Le fait est que nous avons déambulé toutes ces semaines avec une constante, la banane accroché au visage. Pas question de refaire la revue nègre de Joséphine Baker, juste que nous étions heureux et la majeur partie de notre expression faciale reflétait un sourire énorme.
Même fâchés contre un arnaqueur notoire, nous souriions encore et toujours.
Un regard interrogateur croisé, des gens qui nous regardent dans notre véhicule, notre moto ou sur notre trottoir, un sourire de notre part et leur visage s'illumine. Certains viennent nous parler.
Je ne sais pas si on a l'air particulièrement sympa, mais le fait est qu'on a pu se trouver à parler longuement avec des personnes croisées juste pour le plaisir. D'autres touristes croisés étaient surpris, ça ne leur arrivait pas.
Peut-être tout simplement qu'on allait dans les endroits où nous étions les seuls à ne pas être viet.
Je ne sais pas. Je retiens juste tous ces sourires, ces rires, avec parfois ces rides qui marquent les visages qui ont pris ce pli charmant. Je me souviens de ce mot précieux de Cu à l'égard de ma phoenixette: "when she smiles, everybody want to smile". Peut-être notre meilleur atout pour communiquer avec les vietnamiens.
Des cambodgiens dont un boxeur thai.
Un vietnamo-cambodgien et sa femme sino-vietnamienne.
Un vietnamien au nom le plus simple à retenir pour un étranger.
Une vietamienne au nom le plus compliqué, même pour les viet, et qu'on appelle U.P. (Youpi).
Une australienne qui enseigne l'anglais et connaît le sens du mot liberté.
Un américain, sosie de Magic Johnson qui guérit les gens par la force de Jésus, et qui doit son nom à Marlon Brando.
Un australien qui doit le sien à John Wayne (l'accent anglais le plus incompréhensible du monde en prime).
Des voisins français que grâce à toi Stéphane on va pouvoir dire qu'on était au Viet Nam avec Zizou.
Des québécoises qui demandent: "êtes vous français?" (mettre l'accent en lisant).
Des américains travaillant au Cambodge.
Un octogénaire français.
Une descendante des Chams qui vends des étoffes et produits traditionnels de sa culture.
Un vietnamien d'origine chinoise qui a introduit la baguette française en Chine.
Un ancien soldat annamite, parachutiste avec Bigeard à Dien Bien Phu.
Un professeur traducteur français / anglais / viet / khmer à l'attitude d'un cow-boy.
Deux irlandais en voyage de noce.
Des sexagénaires suédois en vadrouille.
Une famille américano-japonaise.
Une sud africaine en Australie et un néo-zélandais à Londres.
Un car d'étudiants catholiques japonais dans la poste centrale d'Ho Chi Minh.
Des touristes libériens. buveux de bière.
Des marchands, moto-taxi, restaurateur, artistes et foultitude de vietnamiens goguenards.
La nuit est là et notre avion approche de la piste, on survole la ville immense. Un peu plus loin à travers le hublot, quelques buildings de ce que je sais être le centre ville d'Ho Chi Minh Ville.
Le sol marbré du nouvel aéroport reflète nos silhouettes alors que nous marchons, passeport à la main vers l'alignement des policiers en charge du contrôle. Les sourires se font rares, le temps de prendre les bagages et voila les portes automatiques qui s'ouvrent sur la foule qui attend famille, proche, collègue. Et Huy me fait signe, le temps de se saluer, de faire les présentation avec Astrig et on est déjà dans un taxi.
On discute comme si de rien n'était, comme si la semaine précédente encore, nous mangions encore des sushis ou des grillades derrière chez lui sur les champs-élysées. Plus de quatre ans déjà.
Trente années, et voici le Viet Nam. Nombre de taxis partout et surtout déjà à tout endroit, des scooters, motos, vélos et autres choses plus improbables. On est vendredi soir, des couples vont vers leur soirée, ils nous sourient par la fenêtre.
Arrivé chez Huy, l'entrée de l'immeuble passent par le garage et le rez-de-chaussée où, tapis à même le sol, des vietnamiens nous saluent en regardant la télévision tout en rigolant.
Le temps de nous poser, de sortir vin qui pique et fromage qui pue, on ressort prendre un hôtel pour la nuit, et la pluie est déjà là.
Nous sommes tout près du marché Ben Thanh, demain on trouvera un endroit bien pour rester quelques jours à Saigon.
Les premières traversées de rue se font sans encombre, avec une simplicité désarmante, on marche, les motos nous évitent. Pourtant on voit bien pourquoi des touristes sont effrayés. Chaos organisé est sans doute la meilleur définition du code de la route viet.
Très vite nous sommes dans le quartier routard où la proportion d'occidentaux est délirante (environ 1 pour 50 vietnamien). Les adresses du guide sont nulles et on se fie à notre instinct, en refusant avec le sourire les propositions des Xe Om (moto-taxi), Cyclo, rabatteur d'hôtels proposants leurs services.
J'aperçois une impasse (ou une ruelle), Guest House est indiqué, on essaie. Trois se suivent, on avance, une jeune fille nous interpelle de son comptoir: "please come and see my guest house". Elle est aimable, on y restera cinq jours.
Assis pour le petit déjeuner, le patron (son nom est Thinh) nous rejoins pour parler:
- do you speak vietnamese?
- a little (very little)
Il est aimable, comme toute sa famille qui travaille ici. Trois jours après il nous invitait au restaurant, nous ferons trois séjours dans l'hôtel, dont un juste avant de repartir pour la France. Le ton étant donné, le séjour pouvait débuter.
Toute planification des journées sera un échec: les rencontres et nos pas nous ferons toujours dévier des routes escomptées.
Le mélange d'urgence, de simplicité, de douceur de vivre et de personnes philosophes à l'égard de la vie nous atteint.
Pour un parisien ça veut dire beaucoup, quand on passe son temps à se plaindre des grèves SNCF et RATP.
Nos papilles commencent à s'émerveiller par l'harmonie des goûts dans chaque chose que l'on mange.
Je crois qu'à ce moment là, en effet, l'avion s'était posé.
Voir la famille, les amis, les gens qu'on aime, revenir avec une valise supplémentaire de 20 kilos de souvenirs, cadeaux, c'est agréable.
Mais ici tout est gris, on se caille les miches grave, la circulation est d'un ennui incroyable et l'impression que tout le monde dort persiste.
Ce n'est pas une déprime, un simple constat. Finalement ici on a l'air de bien se faire chier. Et ma maison est triste.
Là-bas la vie, partout, l'urgence, l'action, la dynamique. Je suis bien de retour dans la vieille Europe, je le savais, j'en suis sûr maintenant: on est bien à l'ouest.
Cet après-midi, PC à changer et photos à trier.
Le retour est pour ce soir, ce qui veut dire sur vos ondes prochainement: photos, récits et petites bafouilles.
Arriver bien tard dans une pension de famille, prendre une chambre pour la nuit.
Jusque là ok.
Faire un petit tour nocturne pour repérer la ville et acheter une bouteille d'eau à boire.
Jusque là ok.
S'asseoir au café juste à coté de l'hôtel pour bavarder un peu avec le jeune patron qui est le seul à parler anglais.
Jusque là ok.
Se voir proposer de passer la soirée après la fermeture juste au-dessus, chez eux avec leurs amis cambodgiens de passage.
Pourquoi pas.
Finir à manger les plats cambodgiens, boire de l'alcool de banane et dormir sur place vu que l'hôtel à fermé ses grilles, qu'on est à la porte, que la soirée est formidable et les gens à la hauteur de celle-ci.
Tout celà n'a je pense pas de prix. Et à notre prochain passage nous passerons du temps là bas, tant qui plus est la région est belle.
