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Croisée des chemins
J'ai fait un choix.
Il s'apparente à l'idée qui sert de base à l'aikido: l'union des énergies. D'aussi loin que je me souvienne, c'est un truc que j'ai en moi. Cette logique d'intégration, de construction, d'assemblage.
Mais quand même j'ai atterris dans un métier de communication un peu par hasard. D'ailleurs je suis totalement impinable pour dire ce que je fais.
Je jouais au playmobiles, certes, je jouais aux GI Joe, certes, mais surtout, ce que je préfèrais, c'était les légos. Avec mes frères, les bases immenses de légos de l'espace avec les plaques qui couvraient le salon et sa table basse poussée dans un coin. Aux médiévaux, aux pirates.
Un goût pour la création peut-être. Ce dont je me rends compte c'est qu'en batissant un château, un bateau, une tour, un vaisseau, j'avais toujours ce besoin d'utiliser, de trouver une place pour la plus petite pièce qui était à ma disposition.
Si je n'utilisais pas tout, ça n'allait pas.
Ca vous donne vite la folie des grandeurs et une irrésistible envie de couvrir salon et salle à manger de bases légos.
Dans la cour d'école, je me souviens de la division des enfants en deux groupes un jour, c'est assez flou mais je me souviens qu'ils voulaient se mettre sur la tronche. J'avais des amis des deux côtés, alors je passais les messages d'un bout à l'autre, le négociateur des nations unies à l'échelle d'une école de classes moyennes françaises.
Je me souviens de la mixité. J'ai grandi là dedans.
Je me souviens du bon petit garçon sérieux que j'étais, et qui collait parfaitement avec mon prénom et mon nom.
Je me souviens de ce jour qui m'a poussé à aller plus en avant vers les autres, ce sentiment de trahison, l'incompréhension et la bêtise des adolescents. Pour le coup on cherche à comprendre, déjà qu'on observait, voilà qu'on scrute.
Du coup j'ai toujours essayé de faire dialoguer ceux qui ne dialoguent pas entre eux, appuyé là où ça faisait mal, souvent avec maladresse, encore aujourd'hui, et hier encore en parlant avec le Vietnam.
Maudit soit ce qui me force à vouloir comprendre toujours, alors qu'il me suffirait de dire "gros con" comme tout le monde.
Toujours est-il que le fait d'être en plein milieu, le meilleur endroit pour parler à tout le monde, c'est que c'est un vrai maëlstrom. Ca gueule dans tous les sens et personne ne s'écoute. Là où je me plante le plus c'est quand il y a un replis, que les petits egos merdeux (trop forts ou trop faibles) prennent le dessus, et que tout le monde s'agresse.
Gros cons.