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A travers le pare-brise
Je lisais hier l'article de David sur ses histoires de rétroviseurs et de périphérique.
En ce moment je passe souvent par l'intérieur de Paris, un chemin que je connais bien. Le chemin qui nous amenait chez ma grand-mère quand nous étions petits. Dont l'un de mes souvenirs principaux était le passage de la R20 familiale sur les pavés parisiens de la route, du pont de Bercy au Montparnasse.
Mais je m'égare.
Un de mes plaisirs en passant par Blanqui, Italie et toute la compagnie, c'est de regarder les personnes sortant du métro aérien pour traverser. Déjà arrêté au feu, le piéton ne vous jette pas un regard, il est concentré sur l'autre bout de la route. Ce bout de route qui l'amène au travail, à sa journée d'intense activité hautement rémunératrice.
Je voyais ce matin cette femme qui devait venir de chez Orange et qui traversait, banane au visage, les yeux dans le vague. Elle avait l'air heureuse.
Beaucoup plus nombreuses, les personnes âgées, le regard eux-aussi dans le vague, mais amplement plus mélancoliques.
Les gueules de parisiens également. Les sales gueules des parisiens speedés. Les pétasses à talons haut qui sentent que les hommes les regardent quand elles passent. Ce ne sont même plus sur des grands chevaux qu'elles se perchent.
Et puis il y a le clochard de la place d'Italie, barbe et cheveu hirsutes, nez rosi, mais le regard pétillant. Je me hasarderais presque à dire joyeux. Une image de clochard de chez Maxim's.
C'est l'un des avantages de la voiture, voir sans être vus (pour peu que vous ne fonciez pas à cent à l'heure vers le piéton qui traverse). Arrêté à un feu rouge devant un grand axe, j'aimerais parfois rester là longtemps à observer les parisiens traverser. Et puis peut-être que je leur courrais de temps en temps après pour partager un peu de vie.
Et puis non, le feu est vert, ça klaxonne derrière, alors on relâche l'embrayage en pressant l'accélérateur, et on s'enfuit vers la voie Georges Pompidou.