Archives pour: Novembre 2006, 24
A la radio, ça parlait religion, déisme, croyance. Çà disait que l'athéisme était une religion comme une autre. Je préfère de loin mon agnosticisme. Je préfère aussi essayer de croire en ce et ceux qui m'entourent avant quelque chose d'hypothétique ou du domaine de l'invérifiable pour ne pas froisser grenouilles et minarets.
Ensuite je lis un article sur les arabes à Poitiers. Ça me rappelle mes cours d'histoire du droit en mes débuts universitaires. Et je me dis que le pays y gagnerait en combattant ses mythes fondateurs. Et tant pis si les traditionalistes crient au scandale. L'exactitude ne peut pas faire de mal quand on prend le temps d'expliquer les choses. Qui plus est ça forme le caractère, la conscience, ce que vous voulez. Je reste persuadé qu'on obtiendrait autre chose de largement plus intéressant que les discussions de comptoirs et les critiques faciles dont on est gratifié chaque jour. Tout ça alors que personnellement je n'ai rien demandé à personne en fait.
Et pour finir, si j'avais dû être un saint, tant qu'à faire j'aurais choisi celui-ci, avec à la clé le plaisir d'être à la page en nos époques modistes.
L'éthymologie exerce sur moi une fascination sans borne, une hypnotique attirance que je ne saurai trop expliquer. Voir ces mots évoluer, changer de forme, faire des petits, c'est comme voir un arbre généalogique. Les langages se piquent des mots au gré des conflits, et la langue française est à ce point de vue un vrai butin de guerre.
Je fus surpris pas plus tard qu'hier d'apprendre une nouvelle astuce de la langue dont je n'avais pas conscience. Ce genre de révélation vous éclate à la figure, vous laissant seul dans votre idiote inculture. En ces quelques mots, Marcel Gotlib venait nous nourrir l'esprit :
"État-civil : Marcel Gotlieb (avec T), fils de Ervin Gottlieb (avec TT) ; Gott-lieb comme dans "aimé de Dieu" en allemand, "en latin on dirait Amadeus, en franco-grec Théophile, en hébreu Emmanuel et en congolais N'g M'balaoué", déclare l'interessé".
Et bien me voilà fin : ces prénoms somme toute classiques, connus de tous (sauf peut être le congolais), partagent tous une même racine. Imaginé un peu la tête d'un gars s'appelant Théophile Emmanuel Amadeus Gottlieb...
Il aurait surement fini curé.