| « Lavoisier is a guitar heroe | National Citer » |
Nous sommes tous des handicapés
Hier soir je rentrais chez moi tranquillement après avoir déposé ce cher Jeff, et en me rapprochant de ma rue, je me faisais la réflexion suivante: culturellement, on naît tous handicapés, et on passe notre vie à faire de la rééducation. Le fait est que ce genre de trucs m'arrivent dans ces heures là, la nuit pour tout dire, et que la plupart du temps je suis dans mon lit, sans courage aucun pour rallumer l'ordinateur et coucher sur numérique ce genre de circonvolutions obscures de mon esprit néanmoins fécond.
De la même manière, quand je pense à un truc en voiture (ça marche aussi quand je suis aux toilettes), je l'oublie une fois arrivé à destination. Mais là hop, sitôt rentré, sitôt mis au brouillon ici même. Et là je complète.
Ça commence à faire long pour un truc simple à dire.
Donc on naît avec un capital zéro, notre entourage, nos parents, nos découvertes nous ouvrent alors qu'on est tout marmots des portes, on s'améliore jusqu'à devenir des sportifs de haut niveau dans ces disciplines parfois. Sans me vanter, je dois dire qu'en connaissance de Brassens par exemple, j'explose pas mal de monde au 110 mètres haies.
Là tout va bien.
Pour le reste, ce qu'on ignore, ce qu'on déteste, ce qui ne nous plaît pas, je suis à peu près convaincu que c'est surtout par manque de rééducation (amusant, je me rends compte que je suis limite maoïste en disant ça!).
Je m'explique. Le phénomène qui nous fait nous intéresser à de nouvelles formes d'art, de connaissance ou autre, je fais une analogie avec l'handicapé qui réapprend à utiliser ses muscles, qui développe ou redéveloppe ses aptitudes.
De là, partant de trois fois rien, on progresse vite, on veut s'améliorer pour peu qu'on soit motivé, et on a pas mal le choix dans ce que l'on veut développer. Rare sont les tétraplégiques qui refusent un moyen de remarcher par confort des roulettes.
A l'opposé, plus on a de bagage, de technique, de moyens de se satisfaire, moins on fait l'effort d'utiliser ces muscles subsidiaires dont on ignore jusqu'au fonctionnement. D'ailleurs ils font souvent mal quand on les travaille. Contrairement à ceux qui l'on connait depuis longtemps et dont on a oublié qu'au commencement ils nous faisaient le même effet.
Tiens je parlais de Mao juste au-dessus. Pour résumer, ce que je viens de dire, c'est la raison pour laquelle je préfère Steevy à Gérard Miller. Et plus généralement ceux qui disent "je réfléchis" plutôt que "je sais".
D'un autre côté le rapprochement avec Steevy est un peu bancale, dans la mesure où l'on se demande parfois si le mot réfléchir peut s'appliquer à lui autrement que lorsqu'il déménage un miroir.
Pour finir en parlant de moi parce que mine de rien j'aime bien ça: l'idée que j'ai, que j'ai toujours eu, c'est de TOUT inclure. C'est plus fort que moi, les associations improbables que j'aime faire viennent de là, ne rien laisser de côté.
D'ailleurs je me souviens que tout petit, quand je construisais mes Lego, c'était plus fort que moi, il fallait que j'utilise ABSOLUMENT toutes les pièces à ma disposition.
En attendant j'ai encore les bras qui se rééduquent de ce week end, et on a beau dire, mais j'ai mal.
1 commentaire
C'est pour ça que tous ceux ki se la pète avec leurs connaissances nous font rire…. Moi aussi kan j'avais la tête dans mes cours à la fac, j'étais capable de sortir des trucs vachement pointus et tout (d'ailleurs kan je relis mes partiels j'hallucine et j'ai du mal à croire ke c'est moi ki ai pu écrire toutes ces choses exceptionnellement brillantes (a) tellement je ne me rappelle plus les avoir seulement connues:p ).
De même, l'intérêt que l'on porte à une culture (musicale par exemple), et sa rétention (cad la capacité à mémoriser et à garder présent cet intérêt pour cette culture) ne se font pas du tout de manière objective.
On peut se mettre soudain à s'intéresser à une culture sans y être initié, comme on peut, sans pitié, en faire l'amnésie.
Contre exemple (pris au hazard ^^ ) probant à ta réflexion : alors ke j'aimai ce qui touche aux cultures africaines, je ne m'y intéresse plus du tout :D mais du tout… j'ai zappé… je change de registre, je réajuste mes gouts ! Là pour le coup mon cerveau s'est dépouillé de cette culture - anoréxie volontaire, réaction allergique conduisant à une atrophie musculaire durable… Depuis je réactive les muscles oubliés, mis de côté, sacrifiés, ignorés…
Il est vain de prétendre tout savoir ou de détenir le bon gout, simplement parce que tout est impermanence… et c'est ça qui est formidable, car on comprend que tout est accessible et ke si on est handicapé, ce ne peut être que pour un temps… ça laisse une grande porte ouverte à toutes nos envies, même à celle d'en changer… tout apprendre comme tout désapprendre.