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Masse graisseuse
Je n'ai rien contre la musique populaire.
Je n'ai rien contre les merdes qu'on diffuse à longueur d'antenne dans nos postes radiophoniques et télévisuels.
D'ailleurs je remarque que je viens de tomber dedans, la pression bien pensante m'a fait qualifier de "merdes" les rengaines populaires. Je voulais m'abstenir et c'est raté.
Je commence à prendre de plus en plus de distance avec cette pensée desprogienne qualifiant de merde pas mal de trucs de jeunes. A la place je m'en cogne. Je suis d'accord, ce n'est pas vraiment mieux. Je laisse la fange dans la fange.
Et voilà que je remets le pied dedans... on va me dire que je méprise les français moyens...
Et justement c'est là que je voulais en venir. J'ai beaucoup de mal à voir cracher les adeptes du bon goût sur les personnes qui regardent Cauet le jeudi soir, y a que la vérité qui compte ou le bigdil du temps où celà passait à l'antenne...
Cet oligarchisme culturel me révulse.
Attention, je ne crie pas, sans bouillir, au génie à la vue de pareils programmes, ou à l'écoute de la première soupe venue.
Juste en détournant un peu Brassens : "mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres! la vie est à peu près leur seul luxe ici bas". Celà me semble aller dans le même sens qu'un : "Gloire à qui n'ayant pas d'idéal sacro-saint, se borne à ne pas trop emmerder ses voisins". Même si la première est sur le terrain des agitateurs publics... la référence me semble valable.
Les cogiteurs permanent (dont je me maudis souvent de faire partie, hélas) devraient en prendre de la graine et redescendre sur terre. La connerie est une décontraction de l'esprit, et qu'il est doux d'être beau et con à la fois...
Tout n'est pas grand en ce monde, et les divertissements populaciers ne me semblent pas être la pire menace qui pèse sur nos têtes. C'est plus l'attaque facile des minables fiers de leur culture, qui préfèrent cracher sur les "petits ignorants" (charbonniers?), alors que leur énergie serait plus judicieusement dépensée à partager ce qu'ils aiment.
Et les artistes sont hélas souvent, bien autant handicapés que les politiciens, hémiplégiques notoires.
A part ça je suis tout boulversé, j'ai vu sur la cloture du chantier voisin de mon bureau, une affiche pour le concert de Steven Seagal à l'Olympia en septembre. Je dois dire qu'il me fait de plus en plus l'effet d'un bibendum Michelin qui aurait trop longtemps séjourné dans une cabine à UV.
Ceci dit je ne vais pas en dire plus, parce que tout bibendum qu'il est, il reste champion d'aikido. Et un chanteur-acteur-aikidoka c'est à la fois louche et dangereux.
Je n'en rêve pas moins d'un attentat alternatif, où, faisant croire que l'on programme des artistes remplissant les stades, on nous propose un prime-time rempli de Wampas, de T.T.C., d'Emily Loizeau aussi par exemple, un melting-pot d'interdits d'antenne, d'émergents et d'artistes invisibles. Voilà ce à quoi je pensais ce matin en arrivant, alors que j'écoutais Reggiani sur mon ipod. Merci Ludo, merci le Roadtrip de Griffin.
Et vivement le 20 juillet que je me casse à Venise.
3 commentaires
Brel disait: la bêtise, c'est de la paresse.