| « Le colis magique | Nouvelle inscription » |
Un ami un maître...
J'ai passé ma voiture à mes parents ce matin pour qu'ils accomplissent pour moi la revanche contre la préfecture. Et ils m'ont passé ce matin une feuille du Figaro avec un article sur Le Forestier qui reprend Brassens. Et juste en dessous il y a un texte de Maxime sur Georges...
Beaucoup de choses vraies dedans, et j'y apprend que s'il détestait le téléphone il gardait à côté du sien, griffonné sur un bout de papier, celui de Brel aux Marquises. Voilà qui me renvoie à l'image tellement connue de Brel, Brassens et Ferré qui trone dans mon studio.
Toujours est-il que Mourir pour des idées est pour lui la preuve que Brassens avouait ses faiblesses. Sachant la modestie de l'énergumène, il n'aurait pas dit non, aussi sans doute par souci de ne pas polémiquer tant la chanson en dit déjà long. Toutefois et je le répète, il avait pour moi tout compris. Servilité aveugle et fanisme béat diront les mauvaises langues. Toutefois je pense comme lui, enfin sa chanson, enfin je pense, c'est dans tous les cas ma vision des choses: Brassens se situait au delà du temporel. Et si ses textes sont ancrés dans la réalité du monde (hormis quelques fantômes), ce n'est que pour donner crédit à des idées. Des idées avant tout humaniste, qui voient plus loin, toujours plus loin et relativise la situation de fait.
Comme pour Léautaud, personne ne comprend (ou bien peu) comment on a pu traverser la seconde guerre mondiale avec autant de "légèreté" si je puis dire.
Léautaud était mysanthrope diront bien des observateurs, ce qui n'était pas le cas de Brassens. Je note surtout pour faire preuve d'autant d'aveuglement que ceux-ci que la plupart n'étaient alors même pas nés.
Mais le problème n'est pas là. Le problème c'est l'Homme et sa nature. Insensible aux atrocités du nazisme? surement pas... ces sujets ne sont même pas à discuter. Alors où est le problème? le problème vient justement non pas des boutefeus de mourir pour des idées. Le problème vient des bons apôtres.
Rien n'est plus précieux qu'une vie humaine, et tout doit être fait pour la préserver. L'argument voulant que dans la continuité de mourir pour des idées, on ne meurt pas en héros puor sauver des vies est totalement stupide et stérile. Ceci dans la mesure où il est évident que lorsqu'un choix se présente de pouvoir sauver des vies, donc ce qui est le plus important, on se sacrifie. Mais certainement pas pour des idées.
D'ailleurs ces idées ont rarement sauvées des gens. Ce sont les individus qui sauvent, qui agissent.
Ceci pour dire que j'ai toujours préféré les travailleurs de l'ombre aux martyrs.
Le monde voulant hélas que pour avoir des travailleurs de l'ombre, il faut trop souvent des martyrs.
Mais si l'homme travaillait chaque jour à être meilleur, était moins bête (à comprendre dans la définition de Brel déjà donnée ici, c'est à dire fainéant), il n'aura pas besoin de guide, de prophète ou de martyre pour lui montrer la voie...
Voilà en tous cas ce que m'a appris Brassens: améliorer l'Homme par un travail quotidien, un vrai travail de fond, et pas une quelconque propagande bénéfique.
C'est très catholique finalement, apprendre à faire le bien, être vertueux... on s'y retrouve, mais je me suis toujours méfié du prosélytisme, je préfère la manipulation. Sans doute mon plus grand tort.
3 commentaires
As-tu lu "le guide de la manipulation à l'usage des honnêtes gens "?